Témoignage : comment l'éducation sexuelle m'a détruit

Par Farida Belghoul

Il y a effraction traumatique à parler de sexe dans les écoles à des enfants de maternelle et de primaire. L’Etat, en rendant ces cours obligatoires, est à la fois séducteur et transgresseur à l’égard des enfants. Tous ceux qui collaborent sont complices. Ariane Bilheran (auteur de L’imposture des Droits sexuels) nous envoie ce témoignage.

 

« Je tenais à témoigner. Je crois que je n’ai plus le choix. Je vais tâcher de raconter comment l’éducation sexuelle m’a détruit.

À l’âge de 8 ans en CM1, nous avons eu le droit à un cours imposé sur la sexualité. La première fois c’était à l’école, en classe de CM1 au second trimestre. C »était à Pleyben (29190) et l’intervenant était le directeur adjoint qui s’occupait de nous quand notre instituteur prenait sa journée pour gérer l’administration.

C’était un mardi, on avait toujours cet instituteur ce jour-là, qui nous donnait aussi des cours d’éducation civique. Le contenu du cours c’était surtout la partie scientifique de la sexualité.
Il a commencé par nous demander de dessiner comment on imaginait l’intérieur de notre corps, puis nous a donné des fiches expliquant comment était faite notre anatomie, ce qu’était du sperme, un ovule, des bourses, la prostate, les ovaires, l’hymen… Puis il nous a expliqué avec des diaporamas comment c’était fait un bébé de A à Z, ce qu’était une maladie sexuellement transmissible (je me souviens de l’image du VIH qui ressemblait à un oursin)…

Il nous a aussi parlé de pornographie en nous disant que l’amour c’était pas ça.

J’ai adoré ce cours.  Vraiment. Peut-être un peu trop ? Peut-être est-ce parce que je suis un garçon ? J’ai donc été éveillé sexuellement par ces cours, moi qui ne connaissais que l’histoire de la graine et de la cigogne.

Le soir, je n’ai pas osé raconter à ma maman de ce qu’on nous avait appris à l’école le jour même. Je me sentais grandi, changé. J’ai commencé à me toucher, alors que j’étais imberbe.
J’ai le souvenir d’avoir cherché à ressentir du plaisir alors que j’avais un corps lisse. D’abord en me frottant contre mon matelas, puis très vite avec presque des gestes d’adulte. Comme un grand. Je suis devenu très coquin, presque obsédé par cette univers dans lequel on m’a fait plonger.

Je ne sais pas comment les gens vivent leurs propre éveil, moi j’étais fasciné, un peu choqué mais émerveillé. Je me suis mis qu’à ne penser qu’à ça…

En cours d’année j’ai changé d’école.  Cette nouvelle école, c’était Edmond-Michelet à Quimper (29000). L’instituteur était le directeur.
Lui a eu beaucoup plus de tact que le premier instituteur, je me souviens qu’il avait été choqué que j’en sache déjà autant, du moins sur ce qu’était un préservatif et les MST. Il m’a même pris dans son bureau pendant la récrécréation pour en savoir un peu plus sur ce qu’on nous avait appris, et m’a dit qu’il comptait appeler l’école de Pleyben.

J’ai quand même eu le droit une seconde fois à ces cours, car il y avait du retard sur le cours du CM1. J’étais devenu incollable ! Je cherchais déjà, en seconde année de CM1, à m’approvisionner en magazine pornographique. Que j’ai fini par trouver, avec un copain de mon âge.
C’était pas difficile, nous sommes au 21ème siècle. Je vous passe les détails sur les jeux auquel on a joué. Toujours avec un corps lisse.

L’année d’après, j’ai redoublé. J’ai fait ma seconde année de CM1 dans une autre école, Paul-Langevin sur Quimper (29000).
L’intervenante était notre maîtresse, dont tous les garçons de la classe étaient amoureux. Rebelote. J’ai donc eu droit une troisième fois à ces cours fantastiques. C’était trop tard, j’étais déjà un prédateur.

Plus tard, en 6ème on m’appelait « le pervers », sans doute à cause de ma précocité.

En 5ème, au collège Max Jacob de Quimper (29000), nous avons eu l’intervention de l’infirmière du collège qui nous a parlé de puberté, de masturbation…

Je vivais bien dans ma famille. Je n’ai jamais été abusé par personne avant ces cours d’éducation sexuelle. Les jeux un peu bizarres auxquels j’avais pu jouer avant s’étaient toujours arrêtés aux bisous innocents, aux faux mariages dans la cours de récréation.

Quand les psys et les infirmiers me demandent ce qui aurait pu « débrider » ma sexualité, j’ai envie de hurler que c’est de la faute de ces cours là, que ce sont ces cours-là qui m’ont changé.

Pour eux, ce n’est pas « une excuse suffisante« . On me répond que l’éducation nationale a bon dos. Peut-être que c’est la pornographie classique que j’ai vue tôt qui m’a
choqué, certes…  Mais qu’est ce qui m’a rendu si curieux ? Qu’est ce qui m’a donné envie d’en regarder si tôt ? Comment aurais-je pu savoir que ça existait, tout seul ?

J’ai compris très jeune que je préférais les garçons aux filles, et en 4ème je trouvais les plus petits, mignons. Trop mignons.
Leurs bouilles d’anges, leurs joues rondes, leurs ventres lisses sur lesquels je louchais en salle de sport. Il y avait quelque chose de monstrueusement attirant chez eux.

Je n’ai jamais fait de mal à personne. Je me suis rendu compte que j’étais attiré par les plus jeunes. Aujourd’hui, un corps poilu me donne envie de vomir.

Par la suite, alors que j’étais encore mineur, j’ai découvert par hasard la pédopornographie en cherchant de la pornographie classique.
Je trouvais ça mignon, presque normal. Les premiers fichiers sur lesquel je suis tombé n’étaient pas trash, il n’y avait pas d’adultes sur ces fichiers. J’ai pas tilté ou pris conscience du trafic humain qu’il y avait derrière.

L’éveil sexuel précoce avait fait taire ma belle conscience, l’avait réduite au silence, l’avait muselée. Je croyais que tout ça était normal.

Mais le réseau sur lequel j’étais tombé a fini par se faire dissoudre. L’appartement de ma maman fut perquisitionné et j’ai pris 8 mois de sursis, pour un premier délit. La plus grosse bêtise de ma vie. Aujourd’hui je me soigne, je suis ce qu’on nomme un abstinent, même si je n’aime pas ce mot.

Évidemment, je ne suis pas blanc comme neige, mais qui a altéré mon jugement ? Qui a rendu ce terrain si fertile ?
Qui d’autre que la si grande et intouchable éducation nationale ? Qui d’autre que l’OMS, l’UNESCO, les multinationales et les grands lobbies ?

Au-dela de me trouver une excuse, je viens sonner l’alarme. Voici mon témoignage. J’ai 22 ans cette année, et ma vie est foutue.

J’ai l’impression d’avoir été utilisé, comme un objet, une vulgaire boîte, dans laquelle on met de l’information sans tenir compte de la capacité à encaisser.

Source : https://www.facebook.com/arianebilheran/posts/1990960937785980

 

 

 

 

4 commentaires sur “Témoignage : comment l'éducation sexuelle m'a détruit”

  1. Je voudrai répondre à ce témoignage, glaçant, en effet, et tenter de vous répondre, Nadjat, parce que vous posez en effet des questions essentielles pour savoir comment lutter concrètement. J’ai fait une série de vidéos à propos de la lutte contre l’idéologie du pseudogenre, sur le dialogue parents/enfants et particulièrement entre la maman et ses enfants, et je sépare les filles des garçons, car je pense que la rupture de dialogue entre la maman et son garçon est plus fréquente. En effet il y a un terrain qui favorise, et le meilleur moyen de lutter, c’est de construire avec son enfant, dès la naissance, dès avant la naissance, un dialogue, une qualité relationnelle, intellectuelle et affective, qui doit ne jamais être interrompue, et surtout pas durant la phase de latence, encore moins à l’adolescence, quand on a tendance à penser que son enfant entre dans le monde adulte un peu trop vite. Mais comme pour tout, j’ai la plupart du temps, le sentiment de parler dans le vide. Les gens sont happés par le quotidien, ils laissent les enfants grandir tout seuls, ils les mettent devant la télé et font confiance à l’école pour les éduquer à leur place: Aussi, le témoignage de ce monsieur me laisse autant dubitative, il faudra y réfléchir avec Arianne Biheran, dont c’est le métier, quels sont les facteurs de fragilité qui en effet exposent doublement les enfants à la pornographie et les sexualités déviantes, comme la pédoperversité? Je travaille surtout sur l’idéologie du pseudogenre et je prépare des réponses en ce qui concerne les troubles de l’identité sexuée, car là aussi, les fragilités ont leurs racines dans la relation familiale, je ne crois pas en la génération spontanée, et automatique, il faut réfléchir à ces questions essentielles à notre lutte: Est-ce que le dialogue constant qu’une mère sait établir avec son enfant, n’est pas la meilleure façon pour un enfant d’avancer, sans ces trous, ces vides, dans son affectivité, qu’il va combler dans le fantasme, dans un système qui s’offre à lui comme palliatif à toutes les étapes qu’il a manqué dans son enfance? Point besoin de maltraitance parentale, c’est bien plus subtil que ça, une maman porte son enfant non pas neuf mois, mais toute sa vie, et c’est à mon avis la meilleur image que je peux donner de ce qu’est le dialogue constant… En comprenant qu’à l’inverse, des vides et les manques dans le portage d’un enfant, ne lui permettent pas, à l’école, de résister à ces idéologies sataniques, qui sont justement conçues, exactement, pour y faire tomber des enfants fragilisés. Ce témoignage est poignant, il pose la question de prévenir plutôt que guérir, mais en même temps, il faut pouvoir guérir ces personnes. Il n’y a pas de remède miracle, certainement pas la chimie, c’est un chemin très difficile que de pouvoir vivre ce qui n’a pas été vécu dans la petite enfance, ce n’est pas une régression, il s’agit de tricoter les mailles qui n’on jamais été tricotées dans la construction, dans le tricot de la vie. A six ans, à huit ans, la maman de ce garçon pouvait le faire; …à quinze ou vingt ans, plus personne ne vous aide à faire de chemin de votre enfance… A l’âge adulte, il n’y a que le silence, les troubles se sont cristallisés, et l’enfance non avenue ne peut être vécue. A mon avis, mais il est personnel, il faut d’abord pouvoir prendre conscience de ces vides , de ces trous dans le portage maternel, du vide des enseignements du père. La conclusion vient d’elle-même: Dialoguez avec vos enfants, dès avant la naissance et toute la vie, ne rompez jamais ce lien, essentiel, de confiance et d’affection, pensez avant-tout, justement parce que c’est vous la maman, que tout peut être dit, tout peut être confié, que le lien d’attachement n’a pas à être rompu, fusse pour le garçon, qui a besoin encore plus de ce lien pour se construire, tout en pouvant être en grande proximité avec son papa, qui est tout autant essentiel dans la solidité et le repère familial. Beaucoup, pour leur enfant, ne pensent qu’aux diplômes, aux résultats et à l’argent qu’il faut gagner, beaucoup moins à la bonne santé mentale de leur enfant. C’est avant la naissance que la lutte commence contre l’idéologie du pseudogenre, et l’idéologie de l’apprentissage au sexe.

  2. autre chose que j’oubliais d’écrire : comment se fait il qu’on ait des enfants pour qui ce genre de cours n’a pas l’air d’avoir de grands impacts sur leur psychologie, et d’autres qui se sentent « détruits » ? Ce que je veux dire c’est que, on est d’accord que ça les affecte tous d’une manière ou d’une autre, mais quelqu’un sait quels sont les traits de caractère des enfants qui sont in fine le plus touchés? Je ne parle pas de prédisposition bien sûr. Il doit y avoir un profil d’enfant, comme c’est le cas pour la drogue, il y a des enfants qui sont en contact avec le milieu et par je ne sais quel miracle (protection divine..) ils ne s’y intéressent pas, ne veulent pas en toucher en n’en toucheront jamais? Si quelqu’un peut m’éclairer svp !!

  3. témoignage glaçant…petite rectification pour la fin « sans tenir compte de la capacité à encaisser » , je dirai qu’ils savent justement ce qu’ils font, et que c’est justement pour avoir des résultats comme cela qu’ils mettent tout ça en place. J’espère qu’il n’est pas foutu..il nous faudrait des intellectuels éveillés qui se pencheront à 200 pour cent pour tenter de soigner ces cas…il doit y avoir des choses à faire pour se changer de l’intérieur, travailler sur l’âme…que Dieu nous préserve.

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