Le dernier coup de Jarnac du professeur Joyeux

Par Farida Belghoul

Un coup de Jarnac est un coup donné par traîtrise. Henri Joyeux nous assène cette gifle dans sa dernière lettre aux familles et dans sa dernière vidéo sur les droits sexuels de l’enfant. Avec le langage chantant et souriant qu’on lui connaît, il pratique le double langage. Voici, dans l’encadré, un extrait de sa dernière lettre aux familles ainsi que sa dernière vidéo sur les droits sexuels – droits sexuels qu’il prétend, sans rougir, qu’ils ne viseraient « peut-être pas la France » !

Savourez le titre du paragraphe ci-dessous, tiré de sa newsletter : information-éducation (pour ne pas s’en tenir au mot éducation qui renvoie immédiatement au pouvoir), laïque (un petit coup de pouce aux Frères), l’adjectif cohérente (l’éducation à la sexualité ne pêcherait que par incohérence alors qu’en vérité cet enseignement pêche par nature), et le mot sexualité qui confirme bien que Joyeux s’engage dans la course à l’éducation sexuelle (il vend lui aussi un livre sur le sujet).

Or l’éducation sexuelle n’est pas négociable car son origine est très claire : l’idée nous vient du dangereux sadique Alfred Kinsey sous le prétexte pédocriminel que l’enfant serait orgasmique à la naissance… Pour Kinsey, un enfant doit être éduqué à la sexualité car il est capable de jouir dès la naissance ! Voilà le fondement ignoble – et faux – de l’éducation sexuelle sachant que l’éducation du sexe entrave sérieusement l’éducation de l’esprit.

Une information-éducation laïque cohérente à propos de la sexualité (Extrait tiré de la dernière lettre d’Henri Joyeux du 23 mars 2018)

(…)

Aux plus petits du primaire, on peut expliquer d’abord la pudeur, l’intimité, la différence sexuelle, ce que fait le BB dans le ventre de sa maman, comment il se développe, seul ou jumeau, et par où et comment il vient au monde. Cela leur suffit largement. Mais encore faut-il bien cerner le niveau de maturité de chaque enfant (en attendant qu’il pose des questions, les questions viennent vite par les camarades de l’école) et respecter les histoires imaginaires qu’il peut se créer sur ses origines, ainsi que sur ses identifications sexuées. 

Lorsque des difficultés apparaissent, il faut consulter les seuls spécialistes en la matière, en l’occurrence les pédopsychiatres et psychologues de l’enfant, qui connaissent bien la nature des traumatismes infantiles, et non des sexologues adultes qui ne sont pas habilités à parler du psychisme de l’enfant. 

Avant d’entrée au collège, l’enfant doit savoir ce que peut représenter l’amour entre deux personnes (se dire et se donner des secrets du cœur, de l’esprit, du corps) et, éventuellement, comment on fait les bébés quand les deux corps s’unissent dans l’intimité, mais en se souvenant de ce que l’enfant peut être gravement traumatisé par l’introduction du sexuel, et même du biologique, dans la période que les grands spécialistes psys appellent « la période de latence ». 

Aux plus jeunes collégiens, filles et garçons réunis, on doit expliquer leur puberté respective, la meilleure information qui soit pour qu’ils comprennent leurs différences et apprennent à se respecter. 

Avant la fin du collège (4ème et 3ème en France), ce sont les bouillonnements de l’adolescence, parfaitement normaux, qu’il faut expliquer en répondant clairement et sans tabou aux questions des jeunes passionnés par les sujets SAS (surtout le dernier ”S”), car ils se plaignent souvent de ne pas pouvoir en parler avec leurs parents ou d’avoir des réponses insuffisantes. 

Au lycée, on peut réunir les 3 années, seconde, première et terminale, et leur expliquer, à partir de leurs très nombreuses questions, et de manière détaillée, les différences entre attirance, amitié et amour. Leur apprendre que l’amour n’est pas un sexe qui cherche un autre sexe, mais bien plus un cœur qui cherche un autre cœur. À leur âge, nombreux sont celles et ceux qui ont déjà vécu des expériences sexuelles. Mais, curieusement, leurs questions sont surtout orientées vers l’amour durable, sa construction et son entretien. N’est-ce pas la signature de l’essentiel ? 
(…)

Considérer la majorité sexuelle consentante dès 15 ans est, en soi, discutable, car incitative. De plus, les parents étant souvent dans l’ignorance d’une éventuelle sexualité précoce de leur enfant, ils ne peuvent pas leur venir en aide. 

Le simple bon sens, l’évidence naturelle, l’expérience de vie et la sagesse permettent d’affirmer qu’à 15 ans un(e) ado, quel qu’il/elle soit, n’a pas la maturité psychique, émotionnelle, et même corporelle, pour réaliser librement ses propres choix affectifs, et même ses orientations sexuelles. Celles-ci ne doivent jamais être considérées comme figées à cet âge-là, pouvant évoluer, particulièrement chez les jeunes les plus fragiles. Ceux-là ont besoin d’être aidés, écoutés et éclairés par des adultes de confiance. 

Faire croire qu’un enfant de 12 ans, et même de 15, peut être consentant pour telle ou telle relation sexuelle, comme les lobbies cités plus haut le prétendent et cherchent à l’imposer à tous, est une imposture humaine. La résistance des personnes et des familles s’impose. 

Pardon d’avoir été si long. Ces questions conditionnent pour chaque enfant la stabilité de toute une vie. 

Que le printemps vous apporte les bourgeons et les fleurs qui donneront tant de fruits pour votre santé et celle de votre famille.  

Professeur Henri Joyeux 

Joyeux disqualifie les parents comme interlocuteurs de leurs enfants. En conséquence, quand il évoque la résistance des familles, on aimerait bien savoir ce qu’il propose, et avec qui ? Il est lui-même favorable pour expliquer aux petits par où et comment l’enfant vient au monde, mais il garde le silence en revanche sur les modalités d’action à mettre en place.

Dans la vidéo ci-dessous, à 1 minute 36, Joyeux ose même prétendre que les droits sexuels ne concerneraient pas la France : « il est nécessaire que vous compreniez, affirme-t-il, ce qui attend nos enfants dans l’avenir, peut-être pas en France, mais dans les pays étrangers, quand ils seront en colonies de vacances à l’étranger… » Avec des propos de cet acabit, la résistance en question ne risque pas de voir le jour. Serait-ce le but ?

 

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