L’affaire du foulard, ou la République de la haine

Par Rémy Savin

Depuis quelques mois, voire quelques années, les Musulmans sont la cible d’une montée de tension politico-médiatique sans précédent dans notre pays depuis la seconde guerre mondiale. Amalgames en tous genres, théorie fallacieuse du grand remplacement, polémiques autour du foulard, entrecoupés ici et là par des débats inutiles autour de la viande halal.

Chaque jour, et de manière incessante, des chroniqueurs, des ministres, des élus, des intervenants de tous bords, jettent de l’huile sur le feu à coup de petites phrases calomnieuses et assassines ; certains appelant même, à demi mot, au lynchage, d’autres à l’épuration ethnique. Tous ont un point commun : ils ne cessent de déclarer leur amour de la République et leur attachement à la laïcité.

Cette opération porte ses fruits. Les actes islamophobes, particulièrement à l’encontre des femmes musulmanes, sont en hausse significative depuis plusieurs mois. Régulièrement, des lieux de cultes sont pris pour cible. Le 28 octobre dernier, un ancien candidat du Front National, également grand admirateur du polémiste Eric Zemmour, a tenté d’incendier une mosquée à Bayonne, pendant le moment de la prière, blessant par balle deux fidèles durant sa fuite.

Quelques jours plus tôt, le Grand Orient de France, obédience maçonnique majoritaire dans l’Hexagone, exigeait du Président de la République une réponse constitutionnelle à la problématique des mères accompagnatrices habillées d’un foulard sur la tête lors des sorties scolaires. Or, faut-il le rappeler, la franc-maçonnerie est la religion de la République. Et dans la République française, maçonnique et laïciste, ce que la franc-maçonnerie demande, elle l’obtient. Tôt ou tard !

Le processus n’en est qu’à ses début. Aussi, il ne faut pas se limiter à l’étape en présence, mais observer celles à venir. Le PACS a ouvert la voie au mariage homosexuel, puis à la GPA, et d’ores et déjà certains se posent la question des différents modèles économiques pouvant accompagner, et rentabiliser, la gestation pour autrui et l’eugénisme de consommation courante. En parallèle de cela, et s’appuyant sur cette lancée, certains militent ouvertement pour légaliser la pédophilie, pendant que d’autres s’acharnent à LGBTiser de gré ou de force la société française. Tout cela, d’ailleurs, ne constitue qu’une étape vers le transhumanisme.

De la même manière, et suivant cette même logique, l’opération de stigmatisation à l’encontre des Musulmans n’en est qu’à ses débuts. Et très prochainement, si rien ne change, les mots stigmatisation et persécutions seront bien trop faibles pour qualifier le quotidien des Musulmans de France.

Certains commentateurs, souvent bien intentionnés mais naïfs, expliquent que toutes ces polémiques, indépendamment de leurs conséquences, ne visent qu’à faire diversion. Cette explication a du sens, mais nous pensons qu’il n’y a là qu’un effet secondaire, que la classe politico-médiatique, effectivement, utilise avec opportunisme. Mais le fond du problème, à notre humble avis, est ailleurs.

Les faits le prouvent. Revenons à cette affaire de foulard. Tandis que certains militants associatifs appellent aux calme et à la raison depuis plusieurs années, en expliquant qu’une stricte application de la loi républicaine doit clore le débat, des élus de la République répondent précisément que la loi ne va pas assez loin, et qu’il faut donc la modifier. En ce sens, un projet de loi a été présenté au Sénat le 29 octobre dernier, visant à interdire la présence d’accompagnatrices habillées d’un foulard sur la tête lors des sorties scolaires. La prochaine étape, probablement, sera d’interdire au mamans Musulmanes habillées d’un foulard sur la tête d’accompagner leurs enfants jusqu’au portail de l’école. Puis le port du foulard sera ensuite interdit dans l’espace public. Bien évidemment, d’autres humiliations viendront après.

Les Musulmans doivent comprendre qu’un segment majoritaire, au moins, de l’entité républicaine, a vis-à-vis d’eux une haine incommensurable. Ceci, car par leur patrimoine moral et culturel, les Musulmans incarnent le reliquat d’une sagesse, qui empêche l’idéologie libérale-libertaire et la finance internationale de modifier complètement et durablement leur mode de vie, leur philosophie de vie, et leur perspective de vie.

Le ministre de la culture, Jean Michel Blanquer, qui revendique avec fierté sa proximité, à minima, avec l’idéologie maçonnique, l’a d’ailleurs rappelé récemment en expliquant que, selon lui, « le port du voile n’est pas souhaitable dans notre société ». Ce n’est pas la parole d’un polémiste, ou d’un militant un peu zélé, mais celle d’un ministre en exercice, qui n’a jamais été recadré pour ces propos. Et pour cause ! Car la République est avant tout un outil de remodelage des valeurs morales, des cœurs et des consciences.

Et c’est bien là le nœud du problème ! En l’espace de trente ans, et malgré de nombreuses opérations de laïcisation des esprits, l’école de la République n’a pas réussi a faire oublier aux jeunes Musulmans la religion de leurs parents et de leurs grand-parents, dont certains sont morts pour la France. C’est même le contraire qui s’est produit, puisque plusieurs études récentes indiquent que la pratique de la religion est en forte hausse chez les Français de confession musulmane, contrairement à ce qui est observé pour les autres religions pratiquées en France. Ce constat d’échec est insupportable pour la Franc-Maçonnerie, le grand capital, et les partisans du Choc des civilisation.

Il faut se rappeler que la République française, maçonnique et laïciste, a montré, dès les premiers soubresauts même de la Révolution, à quel point l’oligarchie qu’elle doit servir peut se montrer cruelle et impitoyable avec ceux qui refusent de servir ses intérêts. Génocide en Vendée, têtes coupées par milliers, assassinats de prêtres et de religieux, destructions de lieu de cultes : dès le début, la République avait identifié la conscience Traditionnelle comme l’ennemi à abattre. La politique de déchristianisation du pays, initiée en 1792, s’est achevée en 1905, avec la loi du 9 décembre concernant la séparation des Églises et de l’État. L’Église catholique, vaincue et brisée, a même finit par se rallier à l’idéologie libérale avec le concile Vatican 2 dans les années 60.

Mais alors que la République maçonnique pensait en avoir fini avec la sagesse révélée, après avoir humilié les Catholiques et mis l’Église à plat-vendre, voilà que ces maudits Musulmans ravivent en France les flammes vivantes de la Foi ; flammes que l’école de la République n’a pas réussi a éteindre. Pourtant, durant plusieurs dizaines d’années, de gros moyens ont été mis à disposition pour formater et reprogrammer la psyché des enfants et des adolescents : matraquage gay-friendly, propagande LGBTiste insupportable, cours d’éducation sexuels dès le plus jeune âge, rinçage de tout ce qui fait penser de près ou de loin à la religion, abrutissement via les médias de masse et de divertissement. Rien n’a été mis de côté. Mais cela n’a pas été suffisant !

Le processus va donc continuer, avec plus de force, plus de vigueur, plus de violence, jusqu’à ce que les Musulmans, comme les Catholiques avant eux, épousent l’idéologie libérale et son mode de vie. Il convient donc de faire monter la tension, encore et encore, jusqu’à ce que les Musulmans finissent par céder ! A moins que la tension soit telle que la guerre de tous contre tous, si chère à certains prêcheurs talmudistes, ne finisse par régler le problème. Auquel cas, il n’y aura aucun gagnant, et que des perdants : la guerre civile n’est pas une option pour ceux qui aiment leur pays. Il est d’ailleurs bien connu en Islam que l’amour de son pays est une conséquence de la Foi. Et les citoyens Français de confession musulmane sont bel et bien Musulmans ET Français !

Dans ce contexte de domination du libéralisme totalitaire, le corps de la femme musulmane, plus particulièrement lorsqu’elle couvre ses cheveux, revêt un statut particulier, et est l’objet de bien des fantasmes.

La sexualisation de l’espace public est un moyen utilisé par le grand capital pour détruire les repères et reformater les conditions de la vie, de manière à monétiser chaque parcelle de l’existence. Les répercussions sont dramatiques, et prennent un caractère quasi irréversible dans un nombre de cas toujours plus important, rendant ainsi la population servile et malléable à souhait.

En effet, sexualiser chaque instant de la vie a des conséquences lourdes pour l’individu, dans sa capacité à raisonner, à mobiliser sa conscience, à faire intervenir son esprit critique et ses valeurs morales. Là encore, de nombreux travaux scientifiques démontrent ce mécanisme. Lorsque il s’inscrit dans la durée, au point de devenir un agent de liaison entre deux générations qui se succèdent, la métamorphose paraît irrévocable, tant qu’une contre-dynamique ne vient pas enrayer cette mécanique du diable.

De fait, pour maintenir ce process actif et en mouvement, le grand capital doit pouvoir disposer librement et à volonté du corps des femmes, celui-ci n’étant qu’un objet destiné à déclencher la pulsion. Or, tout ce qui fait notre monde contemporain repose sur un équilibre savant entre pulsion et frustration, dont le déclenchement initial est le corps de la femme, et la finalité la consommation et l’endettement.

Le maréchal Bugeaud, colonisateur de l’Algérie a dit : « Les Arabes nous échappent, parce qu’ils dissimulent leurs femmes à nos regards. ». Aujourd’hui, c’est la République maçonnique, bras armé et idéologique du libéralisme totalitaire, qui semble déclarer : «  Les Musulmans nous échappent, car de nombreuses femmes Musulmanes préservent leur corps des lois du marché ». En effet, si de plus en plus de femmes Musulmanes, malheureusement, choisissent d’être nues tout en étant habillées, pour paraphraser une célèbre mise en garde prophétique, de nombreuses autres femmes Musulmanes, quant à elles, comprennent que préserver l’action de pudeur est le seul moyen de préserver la foi des générations à venir, et de lutter pacifiquement contre l’influence du grand capital et de la finance internationale dans notre vie quotidienne. A l’inverse, les femmes Musulmanes qui choisissent de s’habiller selon les standards des vidéo-clips contribuent activement, sans le savoir, à mettre en danger l’attachement à la Foi des générations présentes et à venir. Les femmes Musulmanes pudiques, donc pratiquantes, sont à l’heure actuelle le dernier rempart de la Civilisation de la Foi, que le grand capital essaie coûte que coûte de faire sauter.

La sexualisation du quotidien, des médias, de l’espace public, parasite le lien social, brise la cellule familiale, et transforme les citoyens en consommateurs frustrés qui consommeront toujours plus, avec toujours plus de frustration, et devenant incapables de se responsabiliser face aux défis du moment.

Pour aboutir, en effet, le Nouvel Ordre Mondial a besoin de passer par une étape incontournable, celle du Nouvel Ordre Sexuel. Ceci est la clef essentielle pour comprendre certains enjeux importants de notre temps : la sexualisation des corps et des consciences. De tous les corps ! Et de toutes les consciences ! Car si le Nouvel Ordre Mondial passe par la guerre de tous contre tous, le Nouvel Ordre Sexuel passe par la copulation de tous avec tous. Vraiment tous, en tout lieu, et à tout moment !

Ceci est connu des réseaux occultes qui influencent le destin de notre pays. Voilà pourquoi ils se trahissent, quand ils accusent les femmes Musulmanes, habillées d’un foulard sur la tête, de le faire par prosélytisme politique, alors qu’elles ne font que s’habiller en fonction de la conscience vestimentaire de leur choix. A l’inverse, le système médiatique met en valeurs les femmes Musulmanes qui s’habillent moulant, serré, avec de hauts talons qui attisent l’appétit et la frustration d’autrui : ces femmes doivent servir de modèle pour les générations à venir, tandis que les femmes à foulard doivent être humiliées dans leur quotidien, jusqu’à ce qu’elle finissent elles aussi par adopter les codes vestimentaires imposés par la loi du marché. Cet entêtement républicain contre le foulard sert aussi à dissuader les femmes Musulmanes qui seraient tentée par un comportement vestimentaire de pudeur, et à semer le ras-le-bol dans l’opinion publique, pour faire monter un climat d’islamophobie et d’insécurité à l’encontre des Musulmans en général.

Les femmes Musulmanes qui portent un foulard sur la tête, et même celles qui ne mettent pas de foulard mais qui portent des vêtement amples qui n’attisent pas les regards, ces femmes réintroduisent, par leur philosophie de vie, la dimension du sacré dans l’espace public, qui était jusqu’alors, depuis les années 60, la chasse gardée du libéralisme totalitaire. Il y a là une hérésie que l’inquisition républicaine compte bien châtier une bonne fois pour toute.

Aussi, il est urgent que les Musulmans comprennent POURQUOI ils sont actuellement ciblés par la République. Il est urgent également que certains prêcheurs Musulmans sortent de leur naïveté, ou de leur fausse naïveté, car l’inertie dont ils se rendent coupables ne fait qu’accélérer et aggraver le processus.

Chers Musulmans, vous devez comprendre la chose suivante : l’entité « République française » ne défendra pas votre droit à pratiquer votre religion, le député du coin ne vous aidera pas, les élus ne chercheront pas à vous comprendre, et ils ne sont pas là pour ça. Ils appliquent des ordres qui viennent de plus haut, et obéissent à des consignes de vote lorsque des lois sont présentées au Parlement.

La République ne veut pas votre bien, elle veut vous diluer, vous neutraliser de gré ou de force, vous uniformiser avec les critères du libéralisme totalitaire, et faire disparaître la foi de votre cœur, et de celui de vos enfants. Voter ou manifester dans la rue ne servira pas non plus à grand-chose. La Manif pour tous n’a pas empêché le mariage homosexuel, les gilets jaunes n’ont pas empêché la précarisation du pays, et le non au référendum de 2005 n’a pas empêché la traité de Lisbonne. Tout au plus, faire le nombre dans la rue marque un sursaut de solidarité avec les victimes de l’islamophobie, mais le manque de maturité politique de la communauté Musulmane de France, malheureusement, fait que ce genre de rassemblement est systématiquement infiltré et détourné, comme ce fut le cas lors de la Marche du 10 novembre dernier

Vous l’avez donc compris, si vous ne le saviez pas déjà, un agenda est à l’œuvre, que seule une démarche de Vérité pourra freiner ou ralentir. Aussi, maintenant que tout ceci a été dit, et pour ceux qui veulent agir, nous proposons les quelques pistes suivantes, qui ne sont que les premiers pas d’une démarche qui devra s’inscrire dans la durée :

1 – Avant toute chose, il faut comprendre que les Musulmans subissent à travers toutes ces épreuves le châtiment qu’ils méritent. Dieu dit, loué soit-Il : « Tout homme a des anges qui sont attachés à ses pas, devant lui et derrière lui ; ils le protègent sur l’ordre de Dieu. Dieu ne change rien à l’état de choses dans lequel se trouvent les hommes tant que ceux-ci ne changent pas ce qui est en eux-mêmes. Quand Dieu veut un mal pour un peuple, rien ne peut le repousser et il n’existe en dehors de Lui aucun protecteur. » (sourate 13 verset 11).

Pour le dire autrement : les Musulmans sont humiliés car ils humilient la religion de Dieu en délaissant sa pratique, sa sagesse, et sa loi. Les Musulmans sont restés passifs, pour la grande majorité d’entre eux, devant les évolutions sociales, sociétales, et économiques, de ces dernières années, sans même manifester leur désapprobation, si tant est qu’elle existe, masqués par le brouillard de l’individualisme, du confort matériel, et des plaisirs de ce bas-monde. Et Le Livre Sacré rapporte : « Le Jour où l’inique se mordra les mains en disant :  » Malheur à moi ! Que n’ai-je suivi le chemin avec l’Envoyé ! Malheur à moi ! Malheur à moi ! Si seulement je n’avais pas pris un tel comme ami ! Il m’a égaré loin du Rappel, alors que celui-ci m’était déjà parvenu. Le Démon est un traître pour l’homme « . L’Envoyé dit :  » O mon Seigneur ! Mon peuple a vraiment délaissé ce Coran ! «   » (sourate 25 versets 27 à 30).

Peut-être les Musulmans de France ne se pensaient-ils pas concernés par la loi sur le mariage homosexuel ? Ou par la loi sur la GPA ? Ou encore par les choix de la Banque Centrale Européenne ? Pourtant, tout ceci impactera durement et durablement l’avenir des générations futures, y compris celui des Musulmans pour qui le choc sociétale, justement, sera encore plus violent. Nos enfants risquent ainsi de subir les conséquences de notre lâcheté et de notre passivité.

Mais ce sort n’est pas définitif. Par cette dure épreuve que nous vivons actuellement, Dieu nous rappelle qu’il est encore temps d’agir, et qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Le Très-Haut, loué soit-Il, nous garantit un environnement prospère et paisible dès lors que nous choisissons la voie révélée plutôt que celle du marché. Cependant ce choix doit s’inscrire dans une démarche respectant les critères de la Tradition, qui ne sont certainement pas ceux des experts en récupération politique ou en tribalisme sociétal.

2 – Il convient de faire la distinction entre la France et la République. La France est une civilisation millénaire qui a pris son élan avec le baptême de Clovis en 496, faisant d’elle la fille aînée de l’Église et un berceau du monothéisme pour l’Europe occidentale. La République, quant à elle, est une entité d’occupation qui s’est construite en opposition au monothéisme révélé, qui néanmoins perdure encore de nos jours malgré une oppression permanente.

Cette tradition du monothéisme, les Catholiques et les Musulmans en partagent désormais l’héritage, n’en déplaise à certains. Il est donc nécessaire que les Musulmans prennent leur part de responsabilité dans la préservation des valeurs et des apports de la Révélation. Et Dieu dit, loué soit-il : « Dis : “Ô gens des Écritures ! Mettons-nous d’accord sur une formule valable pour nous et pour vous, à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en dehors de Dieu.” S’ils s’y refusent, dites-leur : “Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, notre soumission à Dieu est totale et entière”. » (sourate 3 verset 64).

Ainsi, cet esprit de convergence ne doit pas cacher une triste réalité : tandis qu’une grande partie du monde catholique est désormais ralliée au Nouvel Ordre Mondial, une autre, victime de la propagande politico-médiatique, voit en l’Islam une concurrence et un ennemi dangereux au lieu d’un allié naturel. A cela, Dieu répond, loué soit-il : « A chacun une orientation vers laquelle il se tourne. Rivalisez donc dans les bonnes œuvres. Où que vous soyez, Dieu vous ramènera tous vers Lui, car Dieu est certes Omnipotent. » (sourate 2 verset 148).

Notre main est donc tendue, ouverte mais lucide. Les conjectures des uns et des autres ne doivent pas nous empêcher de rester dans nos priorités : faire le bien, avec générosité, patience et conviction. Nous devons aussi faire preuve de fermeté lorsque les limites de la bienséance sont franchies, toujours dans la sagesse et le savoir-vivre, afin que notre dignité, et celle des générations futures, soit respectée et préservée.

3 – Que la République de la haine grade sa haine pour elle toute seule. Le verset 2 de la sourate 5 nous dit : « Et ne laissez pas la haine pour un peuple qui vous a obstrué la route vers la Mosquée sacrée vous inciter à transgresser. Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Dieu, car Dieu est, certes, dur en punition ! ».

Ne tombons pas dans le piège tendu par la République, qui est de répondre à la haine par la haine. Au contraire, insistons avec les bonnes œuvres, à commencer par la prière et la bienséance avec autrui. Préservons-nous du pêché, même si la propagande libérale veut nous faire croire que le pêché et la vulgarité sont la norme.

Évitons aussi les amalgames : les laïcards partisans de la République ne sont pas tous des gens haineux. Et souvenons-nous que le Bien-Aimé de Dieu, paix et bénédictions soient sur lui, a toujours priorisé la voie du dialogue avec ses opposants.

4 – Impliquons-nous activement et moralement dans le destin du pays, et Dieu dit «  « Fais sortir ton peuple des ténèbres vers la lumière ; rappelle-lui les jours où Dieu s’est manifesté à lui « . Certes, il y a là des signes pour tout homme vraiment patient et reconnaissant. » (sourate 14 verset 5). Cette implication doit passer par une solidarité communautaire, malgré les divergences théologiques qui peuvent exister, et la collaboration en bonne intelligence, dans l’intérêt supérieur du pays et des génération futures.

Il est crucial de préserver nos traditions, de les transmettre à nos enfants, et surtout de les mettre en pratique, de sorte que la nation dans son ensemble puisse avoir le bénéfice de ce que nous devons être : une communauté de sagesse. Tant que nous ne serons pas déterminés dans la défense et la pratique de nos valeurs, nous continuerons à être châtiés et humiliés.

Faisons en sorte également que nos enfants aient de bons métiers, soyons une force de travail, de dynamisme, de création d’entreprises. Plus notre poids économique sera fort, plus nous serons en mesure d’imposer un rapport de force équitable.

5 – La simple pratique de la religion, en de pareilles circonstance, ne sera pas suffisante. Il est nécessaire que chaque Musulman se cultive, comprenne le monde qui l’entoure, et qu’il suive l’actualité, même si celle-ci est oppressante. Nous devons cesser une bonne fois pour toute d’être les dindons de la farce, et pour cela partir à la recherche de l’information véritable.

Le savoir spirituel et religieux est certes essentiel, il est la base sine qua non. Mais au regard du contexte actuel, il convient de l’élargir au travers des disciplines telles que l’Histoire, l’économie, et bien d’autres. Pendant que les élites du Nouvel Ordre Mondial étudient nuit et jour et forment leurs générations futures, une grande partie du peuple préfère s’abrutir devant les médias et les réseaux sociaux. Pourtant, le Prophète a dit, paix et bénédictions soient sur lui : « Quiconque s’engage dans la voie de la recherche du savoir, Dieu l’engage facilement dans la voie du paradis. » (rapporté par al Boukhari, livre du savoir, n°10). En effet, un esprit formé et avisé a plus de chance de ne pas subir la manipulation du libéralisme totalitaire. Et Dieu dit, loué soit-Il « […] Dis :  » Sont-ils égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ?  » Seuls réfléchissent les hommes doués d’intelligence.  » (sourate 39 verset 9).

Le Livre Sacré rapporte la complainte suivante : « Si nous avions entendu ou si nous avions raisonné, nous ne serions pas parmi les hôtes de la Fournaise.  » (sourate 67 verset 10). Cette fournaise, avant d’être celle de l’autre vie, est celle du monde qui nous attend, et que nous ferons subir à nos enfants si nous ne faisons rien. Il sera un véritable enfer pour chaque Croyant, au point que, comme l’enseigne la tradition prophétique, le Croyant sincère n’aura d’autre choix que de s’en tenir éloigné, même si pour cela il devra mordre la racine d’un arbre jusqu’à ce que la mort le saisisse dans cet état.

Est-ce ce monde-là que nous voulons léguer aux générations futures ?

Il est encore temps d’agir !

6 – Les Musulmans doivent cesser de se chamailler entre eux, pour au contraire se rassembler, autour de groupes de recueillement spirituel et de réflexion. Parmi les millions de Musulmans Français, beaucoup ont un parcours universitaire prestigieux, d’autres sont diplômés de grandes écoles, d’autres encore ont une maîtrise de leur métier leur offrant un regard profond sur le monde. Ce ne sont pas les compétences qui manquent, mais l’individualisme et le consumérisme ont touché en profondeur la communauté musulmane, au point que le devoir de mobilisation collective s’en retrouve totalement abandonné. Or, Dieu dit : « Prends patience en compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir en désirant Sa Face. Ne les lâche pas des yeux pour rechercher les attraits de la vie de ce monde. N’obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur insouciant envers Notre Rappel, qui se laisse mener par ses passions et dont la conduite est débridée.  » (sourate 18 verset 28).

7- Dans le continuité de ce qui vient d’être dit, et plus généralement, il faut aussi et surtout cesser de faire le jeu du système. La République n’a de cesse de stigmatiser la pratique de l’Islam. Penser que les institutions républicaines doivent permettre aux Français Musulmans de vivre paisiblement dans leur pays est une folie vertigineuse. Le débat politique démontre que la République ne compte pas s’arrêter-là, et qu’elle ira jusqu’au bout !

Et Dieu dit, loué soit-Il : « Dieu ne vous interdit pas d’excuser et de traiter avec équité ceux qui ne vous ont pas combattus à cause de votre foi et qui ne vous ont pas expulsés de vos maisons ; Dieu aime ceux qui sont équitables. Dieu vous interdit seulement de prendre pour amis ceux qui vous ont combattus à cause de votre foi, ceux qui vous ont expulsés de vos maisons et ceux qui ont aidé à votre expulsion. Ceux qui les prennent pour amis, ceux-là sont les iniques !  » (sourate 60 versets 8 et 9). La République, maçonnique et laïciste, n’est ni une alliée, ni une amie.

Dans cette même logique, il est important également de réformer peu à peu notre mode de vie, en mettant de côté ce qui ne vise qu’à détruire nos traditions : malbouffe, tenues vestimentaires impudiques et dégradantes, comportement vulgaires, clip violents faisant la promotion de la violence, programmes télévisés abrutissants, langage grossier, consommations de drogues et d’alcool, etc…

8- Bien au-delà de la lutte contre l’islamophobie, le véritable combat est celui du vivre ensemble en bonne intelligence. Aussi, il n’est pas a exclure que si nous changeons, la République elle aussi puisse changer, pour devenir une République du bon sens, et la France redeviendra la France.

Ce ne sont là que quelques pistes, il y en a certainement d’autres. Elles doivent être prolongées par une action durable et de longue haleine, ce sans quoi la machine infernale de la République de la haine ne ratera aucune occasion de mettre en péril l’avenir de nos traditions.

Que les cœurs se réveillent !

Louanges à Dieu, Seigneur des mondes !

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