Viande "fraîche" pendant 30 jours !

Par Farida Belghoul

Un nouveau procédé permet de tripler la durée de conservation des viandes. Et si la saucisse fraîche pouvait se garder jusqu’à 100 jours, les délicats fromages cottage ou ricotta rester consommable un an, et si la date de fraîcheur d’une viande hachée pouvait être repoussée de 30 jours ?

C’est le pari que font les promoteurs d’une nouvelle technologie récemment testée au Québec qui permet de prolonger, voire tripler la durée de vie de plusieurs aliments frais, cuits ou transformés. Mis au point au Centre de développement bioalimentaire du Québec (CDBQ), ce processus de conservation par très haute pression hydrostatique fait lentement son entrée sur les tablettes de plusieurs épiceries.

Pour empoisonner les populations, on affiche  toujours un argument positif : il s’agirait éviter au maximum le gaspillage alimentaire. Un logo, marqué d’une goutte d’eau bleue, permet aux consommateurs de reconnaître les produits qui ont bénéficié de cette cure de jouvence signée HPP (pour hydroprocédé de protection)

Si le procédé a d’abord été utilisé pour conserver les viandes cuites, dont les pertes sont plus onéreuses, il se prête à de nombreux autres produits frais, notamment les viandes et poissons crus, les pâtes à pain et à pizza fraîches, ainsi que certains fruits et légumes qui évitent ainsi l’oxydation.

Certains fruits et légumes, notamment les légumes racines, pourraient jouir de ce traitement, mais pas les légumes feuillus ou délicats, trop fragiles pour supporter la pression exercée lors de ce procédé. Plusieurs producteurs locaux pourraient profiter de cette nouvelle façon de faire, qui permet d’allonger la durée de vie de leurs produits et de mieux répartir leur production dans l’année.

Obstacle psychologique

Reste que ces durées de vie interminables affichées sur certains produits pourraient être drôlement accueillies par les consommateurs. Ceux-ci feront-ils confiance à des saucisses restées sur les tablettes pendant 100 jours ou à du boeuf haché jugé propre à la consommation après un mois ?

Psychologiquement, la longévité n’est pas toujours synonyme de fraîcheur pour le commun des mortels. Pour cette raison, plusieurs fabricants préfèrent pour l’instant ne pas indiquer que leurs produits sont promis à une longue conservation, même si c’est le cas. Pour des motifs purement commerciaux, on préfère attendre que l’idée de ces aliments à longue conservation fasse son chemin dans l’esprit des clients.

 

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