Un système légal d'enlèvement d'enfants ?

Par Farida Belghoul

Tribune libre de Philippe Costa Di Costanzo

Du fait que j’ai toujours travaillé à la maison depuis notre retour du Japon et que mon épouse, japonaise, ne maîtrise pas la langue française, c’est toujours moi qui me suis occupé de l’éducation de notre fils, de l’aider à faire ses devoirs, d’essayer de l’ouvrir à d’autres horizons, etc.

Sans aucune modestie, je l’ai fait, je crois, comme aucun père ne l’a fait et les résultats ont été au rendez-vous : « brillant » a été le terme employé par tous ses professeurs du primaire pour le qualifier. Mon épouse m’en a d’ailleurs souvent chaleureusement remercié.

Extrait de l’autobiographie de notre couple :

« Vers ces années [début des années 90], notre situation économique était devenue si mauvaise que je me suis retrouvé un jour dans le bureau d’une assistante sociale. Quand j’ai vu sa trogne garnie comme un flan aux cerises, ses deux gros et méchants globules à la place des yeux et celle, absolument vide, laissée par son menton certainement parti en congé avant elle, j’ai eu comme une vague idée que ça n’allait pas se passer tout seul.

Lorsqu’il a été question de mon statut, de mes projets, j’ai probablement dû lui répondre que j’écrivais, que je poursuivais des études, peut-être que je faisais un peu dans l’art car je ne me souviens plus de l’époque exactement. « Ha ça non alors ! » a pensé la Gorgone Méduse qui a tout de suite voulu me remettre dans le rang dans des termes que j’ai oubliés mais avec un ton qu’on ne s’attendrait pas à entendre de la part d’une fonctionnaire dont le rôle est d’abord d’écouter les gens en difficulté et de leur venir en aide.

J’ai bien sûr résisté. Mais qu’un pauvre refuse d’en passer par les fourches caudines imposées par la société lui était insupportable. Ce devait être pour elle de l’inouï, du jamais vu. Un mouisard, un crève-la-faim devait se plier à ce qu’elle voulait décider pour lui. Le clou qui dépasse appelle le marteau. Mais où cette carne m’a fait virer au rouge écrevisse et donné envie de l’envoyer voler cul par-dessus tête, c’est lorsqu’elle m’a menacé de nous faire retirer notre fils et de le placer en famille d’accueil…

Puisque je ne parvenais pas à assumer économiquement ma vie, il était pour elle évident que je ne parvenais pas non plus à assumer son éducation ou que je le mettais en danger ou que sais-je encore. Je me suis levé sans rien lui répondre et me suis éclipsé pour éviter d’avoir à lui lâcher mes mots les plus laids. »

Voilà qui fait partie du « harcèlement moral » dont sont victimes les parents de la part des services sociaux, des juges, avec la complicité de l’Éducation nationale, des politiciens, pour leur retirer leurs enfants et dont parle Farida Belghoul, du mouvement Justice et respect pour l’enfance (JRE).

Le placement abusif des enfants est une réalité. Je confirme que cela peut arriver à n’importe quels parents. Et tout ça, pour de l’argent. Cette république est gangrenée jusqu’à l’os. Le placement abusif est une infamie, une barbarie. Ne serait-il pas un véritable système de kidnapping géré par une bande de prédateurs ?

 

1 commentaire sur “Un système légal d'enlèvement d'enfants ?”

  1. C’est hélas monnaie courante apparemment. Le désengagement de l’état, conduit les CG a des pratiques douteuses et honteuses. Le fait est qu’un enfant placé rapporte 7000 € au conseil général alors que le coût de revient pour un enfant est de 2000 € et hop 5000 dans la poche. Le plus intéressant pour eux, ce sont les familles de 3 enfants. C’est tout un système organisé mais je pense qu’il n’y en a plus pour très longtemps. Bon courage.

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