TF1 cultive la peste publique

Par Farida Belghoul

Le reportage de TF1 intitulé « L’école la plus chère du monde » a pour objectif d’en faire baver plus d’un. Dans le meilleur des cas, il suscite une révolte intérieure violente. A priori, on penserait qu’il y a de quoi : il y a des riches très riches et des pauvres très pauvres, c’est injuste. En vérité, c’est un piège… de plus. L’envie en effet conduit d’abord à la misère morale puis à la damnation.

Dans ses sermons, le merveilleux curé d’Ars disait que l’envie (al-hassad, en arabe) était une peste publique. « Un envieux n’a pas un moment de repos » disait-il encore. Sidi Abd al Qadir al-Jilani (vénéré notamment en Algérie depuis fort longtemps) tenait des propos analogues.

Le repos c’est la paix intérieure : l’homme se contente de ce que Dieu lui donne et, sur la base de ces bienfaits divins, aussi humbles soient-ils, l’homme s’enrichit de cœur et d’esprit d’autant mieux que la Divine Providence – et non l’usurpateur Etat providence – veille avec bonté et miséricorde. « Cherchez le royaume des cieux, le reste vous sera donné par surcroît », disait le Christ…

Personnellement, même gratuitement, je ne placerai pas mes enfants dans ce « bel internat« …

Dans le reportage de TF1, que voit-on ? Des enfants de milliardaires dans une école de riches coûtant 100 000 euros par an. Deux bluffs construisent ce reportage pervers.

Premier bluff

Ces enfants et adolescents, très loin de leurs parents richissimes, sans vie de famille, ne peuvent être profondément heureux, ni véritablement équilibrés. Amputés de leur mère et de leur père pendant de nombreuses années, voire durant toute leur enfance, séparés de leurs frères et sœurs qu’ils ne voient pas grandir, de leurs grand-parents, des oncles et des tantes, ils n’ont pas de vie de famille, ce qui constitue un handicap à vie. En dépit des apparences, il n’y pas de quoi les envier !

Second bluff

L’argent ferait le niveau d’instruction. En vérité, payer 100 000 euros par an ne garantit rien dans ce domaine, ou presque. Pour être un authentique bon élève, il faut vivre avec sa famille et savoir lire, écrire, compter parfaitement. Ceci pouvant s’obtenir gratuitement, ou presque. De plus, il faut aimer lire, ce qui peut survenir avec une bonne méthode de lecture, et qui ne coûte pas grand chose non plus. Comme le disent encore les anciens, ce qui est le plus simple, et qui de surcroît est gratuit, ou presque, est souvent le plus efficace.

Le reportage pervers de TF1 suscite envie, jalousie, et désespoir. Les esprits les plus faibles admettrons à la fin du reportage – et c’est le but –  que l’argent est au cœur du dispositif de la réussite scolaire. Grosse erreur qui les écrase faisant accepter leur échec comme une fatalité sociale.

L’échec scolaire n’est pas une question d’argent. C’est une affaire de volonté spirituelle et de détermination politique. La méthode syllabique dans une école pauvre apprend aux pauvres à lire admirablement, par exemple, et c’est la base d’une excellente maîtrise de la langue.

Parents, formez-vous à la méthode syllabique pour apprendre vous-mêmes à lire et à écrire à vos enfants, cela vous coûtera 20 euros les six heures de formation, et le résultat est … bluffant !

 

Laisser un commentaire