Ramadan : "des crimes sexuels" qui cachent la forêt ?

Par Farida Belghoul

Tiré du site Âme Horizon, voici un article de Sarah M. à propos de l’affaire Ramadan qui va au-delà des apparences et des crimes éventuellement commis par le leader franc-maçon déchu.

Avant-propos

Nous ne cessons de dire depuis des années, et donc bien avant cette affaire, à quel point l’œuvre de Tariq Ramadan nous paraît suspecte et douteuse [1], s’inscrivant dans une continuité précise, et répondant à un agenda bien déterminé au service d’une cause supranationale malintentionnée, actuellement dominante.

Nous ne sommes plus les seuls désormais à critiquer durement les positions idéologiques de l’islamologue [2], grâce notamment aux possibilités d’analyse et de recoupements qu’offre l’outil internet, ainsi qu’à l’effort important de nombreux auteurs. Ce regard récent, plus critique que celui des générations précédentes, montre que l’œuvre de Tariq Ramadan n’est en réalité pas très spontanée, ni naturelle.

Néanmoins, nos amis doivent comprendre que la manipulation médiatique qui a permis à M. Ramadan d’être un leader important de l’Islam francophone continue d’être efficace [3] et le sera encore longtemps [4]. Il n’est donc pas étonnant de voir des réactions souvent hystériques de la part des partisans de l’islamologue.

Il n’est pas dans notre morale, ni dans nos pratiques, de frapper un homme à terre ou de tirer sur une ambulance. Les lignes qui vont suivre ne traiteront donc pas de l’affaire en elle-même mais de ce que ses conséquences soulignent et mettent en perspective.

Quoiqu’il en soit, et pour que personne ne se sente lésé ou mis de côté, que les partisans de Tariq Ramadan se rassurent : celui-ci a largement les moyens de se défendre et de prendre conseil auprès d’avocats célèbres et parfaitement compétents, nous allons y revenir. L’islamologue bénéficie en outre du soutien de réseaux puissants, bien que précisément en état de fragilisation, comme nous allons le voir, depuis quelques années. Une cagnotte lancée par ses soutiens fréristes totalise actuellement plus de 100 000 €.  Cependant, et même s’il a les moyens de se défendre, il est vrai que l’importance de la somme peine à masquer le manque de mobilisation, en réalité, autour de lui [5]. Un déclin de son audience, notamment auprès des jeunes, se précise depuis quelques années, et s’est accéléré en 2014 suite à sa prise de position contre les JRE [6], disqualifiant un peu plus l’idéologie frériste de l’UOIF [7], bien mise à mal dans cette affaire.

 

Premiers constats

Maintenant que tout ceci a été dit, venons en dans un premier temps à ce qui a très vite sauté aux yeux de tous : les réactions passionnées et disparates au sein de la communauté musulmane. L’actualité autour de cette affaire fut l’occasion d’une discorde intestine entre musulmans Français, ou plus largement francophones, sous couvert d’une querelle de chapelle. Les musulmans de France ne sont pas en mesure de parler d’une seule et même voix, de sagesse et de retenue, et ne l’ont d’ailleurs jamais été. Très tôt en effet, les deux principaux mouvements réformistes actuellement à l’œuvre dans le monde musulman, le frérisme (les « frères musulmans ») et le salafisme (également appelé wahhabisme), se sont emparés de ce marché encore naissant que représentait l’émergence de l’Islam en France et en Occident, créant ainsi mécaniquement une rupture avec l’héritage traditionnel, et des dissensions durables à l’intérieur de la communauté musulmane, qui ne s’en est jamais remise. A cela se sont ajoutés tous les ingrédients de la post-modernité, le consumérisme, l’individualisme, le mondialisme. Ce qui fait qu’il y a en France, au final, autant d’islams qu’il y a de musulmans, chacun se croyant capable, ou se sentant l’obligation, de donner son avis sur tout et n’importe quoi, y compris sur ce qui touche à la religion. Cette déstabilisation des repères, inédite en 1400 ans d’Islam, a ouvert la porte à toutes les dérives possibles. De fait, là où la parole de quelques leaders aurait suffit, il y a quelques temps, à maintenir le calme, on assiste désormais à des crises d’hystérie permanentes sur les réseaux sociaux. Ce qui pose bien évidement la question de la représentativité des musulmans [8].

Tout ceci démontre deux choses. La première c’est qu’en réalité il n’y a pas en France de communauté musulmane. Il y a des Musulmans, ayant des liens de proximité et partageant un système de valeurs plus ou moins commun. Mais il n’y a pas de …

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