Procréation et intelligence artificielles

Par Maria Poumier

PMA, la recherche frénétique

Aujourd’hui, dans notre pays, un enfant sur 32, en crèche ou en petite section de maternelle, n’est déjà pas le fruit d’un rapport sexuel, mais de la procréation médicalement assistée. Les Terriens conçus en laboratoire sont déjà plus de cinq millions. Ce sont quelques statistiques sidérantes qu’a découvert Philippe Bouvard en invitant sur l’antenne de la radio RTL Jean-François Bouvet, auteur du livre Bébés à la carte.

« Nous vivons à une époque où les avancées biotechnologies sont tellement rapides que la réflexion éthique a de plus en plus de mal à suivre, confie, inquiet, le neurobiologiste. Nous sommes un peu dépassés par tout cela, surtout dans certains pays autres que la France. En France, il existe quand même un contrôle éthique assez strict. Mais il y a de nombreux pays où l’on fait des choses interdites en France, et cela va s’amplifier, en particulier en Chine, très en avance d’un point de vue technique.

« J’ai découvert beaucoup de choses grâce à votre livre, confie Philippe Bouvard. On apprend ainsi qu’il peut y avoir pour un enfant six « parents » différents, de sexe semblable ou non : le donneur de spermatozoïde, la donneuse d’ovocyte. Plus « éventuellement une mère porteuse, qui va confier le bébé à des parents dits attentionnels. Mais il y a maintenant un nouvel intervenant possible : une donneuse de mytochondrie. On peut, dans un ovocyte, au moment de la Fécondation In Vitro, changer les mytochondries de l’ovocyte si elles sont porteuses d’anomalies génétiques. Et une femme de plus va alors intervenir. » Inquiétant ? Oui ! « Un certains nombre de choses qui se profilent ne sont pas encourageantes, notamment en Chine ou au USA, où l’on recherche de manière frénétique les gènes de l’intelligence. Aux USA, une clinique achète ainsi 40 000 dollars les lots d’ovocytes de jeunes filles de l’université Columbia … »

 

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