Menaces sur la liberté religieuse et la liberté de conscience outre atlantique

Par Claire Charpentier

Quelques passages de l’article d’Emilie Kao, directrice du Richard and Helen Devos Center for Religion & Civil Society de la Heritage Foundation qui explique que la liberté de religion et de conscience n’est plus la bienvenue aux États-Unis et au Canada.

Les patriotes fidèles de ce pays, qui sont préoccupés par les attaques contre le libre exercice de la religion en Amérique, devraient également être préoccupés par les attaques semblables contre la liberté qui se répercutent au Canada, un pays doté d’une forte protection de la liberté religieuse dans sa Charte des droits et libertés.

Le mois dernier, les services à l’enfance et à la famille de l’Alberta ont interdit à un couple chrétien d’adopter un enfant parce que leurs opinions religieuses au sujet de la sexualité, vues partagées par les juifs orthodoxes et les musulmans, étaient incompatibles avec « la position officielle du gouvernement de l’Alberta ».

Le ministère des Services à l’enfance a déclaré que la croyance du couple selon laquelle la sexualité ne devrait pas être vécue ou explorée tant qu’une personne n’est pas mariée ne créerait pas un « foyer sûr, sain, aimant et    inclusif ».

Le gouvernement canadien a pris unilatéralement des positions sur la sexualité sans le consentement de ses citoyens, un peu comme la décision unilatérale de l’administration Obama de réinterpréter la définition du « sexe » pour inclure l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Mais si les Américains et les Canadiens ne peuvent pas adopter ou accueillir des enfants parce qu’ils n’affirment pas qu’un enfant subit des traitements hormonaux potentiellement nocifs et des interventions chirurgicales de réassignation sexuelle ou des activités sexuelles en dehors du mariage, le gouvernement commencera-t-il également à utiliser ces critères pour former de « bons parents » pour leurs enfants biologiques?

Vont-ils considérer les pratiques parentales des chrétiens orthodoxes, des juifs et des musulmans comme suspectes s’ils refusent tout simplement d’adopter les dernières tendances sexuelles?

Toujours au Canada, la Cour suprême déterminera bientôt si les avocats qui ont des croyances religieuses orthodoxes en matière de sexualité sont admissibles à la pratique du droit.

Avant même que l’Université Trinity Western puisse ouvrir sa faculté de droit, les barreaux de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique ont voté contre l’accréditation des diplômés de la faculté de droit, parce que l’université chrétienne a des croyances chrétiennes orthodoxes au sujet du mariage et de la sexualité.

L’Université Trinity Western est la seule université canadienne à avoir obtenu une note A+ en qualité de l’enseignement au cours des sept dernières années. Pourtant, en 2014, le Barreau du Haut-Canada a qualifié les opinions des étudiants « d’abominables » et de « pas les bienvenues sur le marché public ».

Sans un diplôme d’une faculté de droit agréée, les étudiants ne peuvent pas pratiquer le droit dans la province.

De même, en 2015, le maire de Salem, Massachusetts, a lambasted Gordon College, une université chrétienne, pour ses croyances sur le mariage après que le président de l’université ait écrit au président Barack Obama pour demander une exemption religieuse d’un prochain décret exécutif sur les pratiques d’embauche liées à l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Le maire a décidé d’interdire au Gordon College et à ses étudiants d’utiliser une salle de réunion locale qu’ils utilisaient depuis des années. Lynn Public Schools a ensuite interdit aux étudiants du Gordon College qui se spécialisaient en éducation de suivre une formation d’enseignants-élèves dans les écoles publiques locales.

L’Association des écoles et collèges de la Nouvelle-Angleterre a même tenu une réunion spéciale pour envisager de révoquer l’accréditation de Gordon.

Aux États-Unis comme au Canada, les gouvernements et les organismes d’accréditation menacent la capacité des diplômés des universités chrétiennes à exercer les professions pour lesquelles ils ont été formés.

Les députés canadiens ont également refusé à la députée Rachael Harder la chance de présider le Comité de la condition féminine dirigé par le Parti libéral uniquement en raison de ses opinions pro-vie. Bien que la position du président soit de nature procédurale et non pas politique, le gouvernement Trudeau a refusé d’admettre les opinions « outrageuses » de Harder dans une position d’autorité publique.

Les politiciens ont organisé une grève pour protester contre la nomination de Harder en raison de son point de vue sur l’avortement. En fin de compte, ils ont donné le poste à un député qui n’en voulait pas.

Aux États-Unis, les sénateurs, y compris Sens. Dianne Feinstein, D-Calif.; Bernie Sanders, I-Vt.; et Al Franken, D-Minn. et des organisations de gauche comme l’American Bar Association ont sali des candidats à la magistrature comme les juges Amy Barrett et Steve Grasz, ainsi que des fonctionnaires comme Kelvin Cochran et Russell Vought comme étant « non qualifiés » et « haineux », simplement en raison de leurs croyances chrétiennes.

Leur capacité de servir comme juges, de travailler au gouvernement ou de diriger un service d’incendie est remise en question uniquement en raison de leurs opinions religieuses.

Tant aux États-Unis qu’au Canada, la capacité de travailler au gouvernement et de réaliser ses rêves dépend de plus en plus de ses croyances sur la sexualité, la biologie et le début de la vie humaine.

Ces développements devraient concerner tous ceux qui croient au droit non seulement de garder les croyances religieuses en privé, mais aussi de les exercer en public.

Le Canada a été fondé sur l’idée du pluralisme religieux, permettant aux catholiques québécois de pratiquer librement leur foi. Les États-Unis ont été fondés comme un refuge pour les dissidents religieux, car les puritains ont fui la persécution de l’Église anglicane.

Les États-Unis et le Canada étaient les deux seuls pays qui avaient des ambassadeurs de la liberté religieuse internationale. Mais Trudeau a choisi de dissoudre le bureau de l’ambassadeur de la liberté religieuse du Canada.

À l’heure actuelle, les Canadiens et les Américains de confession religieuse ont la possibilité de former des alliances stratégiques, surtout en ce qui a trait au mariage, à la famille et au libre exercice de la religion. Mais les menaces croissantes qui pèsent sur la liberté religieuse et la liberté de conscience font qu’il est particulièrement urgent que ces partenariats se développent rapidement.

Nombre des conflits religieux les plus graves et les plus violents dans le monde sont enracinés dans le manque de respect de la liberté religieuse et de la diversité religieuse. Il n’y a pas de temps à perdre.

Lire l’article complet en anglais sur :

http://dailysignal.com/author/emilie-kao/

 

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