LMPT : la grande illusion

Par Lucas Deschamps

Une analyse sans concessions de Patrice de Plunkett sur son blog. Il faut dire que LMPT a tout de l’organisation spécialisée dans la défaite. LMPT n’a rien empêché : ni le mariage gay, ni la sexualisation précoce à l’école ni l’introduction du genre dans les programmes scolaires, ni ce gouvernement LGBT. Par incompétence. Par mépris de classe. Par esprit de chapelle. Par refus de rassembler. En un mot, refusant la bénédiction de Dieu, par bêtise et par lâcheté… On ne lâche rien ? Faudrait-il encore tenir quelque chose !

 

Élection, « grande illusion » ?

La Manif pour tous va multiplier les réunions publiques de « décryptage des résultats de la campagne ». Titre : « Élection, la grande illusion ». Ils semblent déçus ? qu’imaginaient-ils donc ?

Mme de La Rochère et les siens repartent en campagne à partir de cette semaine : Angers, Rennes, Tours, Toulouse, Montpellier, Bordeaux, Strasbourg, Lyon, Montélimar, Annecy…

Cette série de réunions-débats porte un titre amer : « Élection, la grande illusion ».  Diagnostic exact. Mais un peu tardif… Nous sommes quelques-uns à avoir tenté d’expliquer depuis deux ans : 1. que l’aventure de Sens Commun ne menait nulle part ; 2. qu’interpeller les candidats sur les questions « sociétales » – comme le firent Mme de La Rochère et ses amis avant la présidentielle – ne menait nulle part non plus. Cela pour deux raisons différentes, selon que l’on considère Sens Commun ou la MPT…

Les leaders de SC se sont enlisés dans le politicien, avec une candeur pieuse et militaire qui les empêchait de voir ce qu’était un parti. Le parti a contaminé SC, qui dérapa vite de la noble théorie à la manœuvre de couloirs ; manœuvre qui fit un frustré (M. Poisson) et un agacé (M. Fillon) ; lequel ne promit rien à SC, mais en obtint l’hommage-lige sans contrepartie. On hésite à qualifier cet élan des candides vers un politicien… Mais on sait comment l’affaire a tourné : plombé dans l’opinion par son programme libéral extrémiste, piégé par des ténors de la droite (c’est d’eux qu’est venue l’affaire des « emplois fictifs »), coincé par les juges, M. Fillon en désarroi dut oublier son agacement pour accueillir l’élan – redoublé – de SC, qui lui organisa le Trocadéro. Puis ce fut le crash. On dit que les leaders de SC n’ont toujours pas compris qu’ils avaient perdu leur temps ; j’hésite à croire à une telle persistance dans la cécité.

La MPT n’était pas dans le même cas. Son « illusion », si illusion il y eut, fut de croire qu’on pouvait interpeller les candidats à la présidentielle sur les questions anthropologiques, sociologiques et bioéthiques… On ne le pouvait pas : la règle du jeu l’interdisait ! Les principaux candidats n’avaient pas la tête à un tel excursus. L’idée ne leur serait pas venue de mettre en question le système économique qui s’est emparé de tout, y compris de l’intime des vies privées (voire des consciences), et qui produit des « avancées sociétales » allant toutes dans le même sens : la dissolution hyper-individualiste… L’extrême droite jugeait ces questions sans intérêt. L’extrême gauche ne voulait pas voir que les nouvelles mœurs sont un produit du néocapitalisme libéral. Et ce dernier allait s’annexer plus que jamais la classe politique dominante, centre-droit + centre-gauche…

Deux ans d’illusions, politiciennes ou périphériques, se sont donc achevés par l’avortement que l’on sait. Un avortement fruit de l’aveuglement… Chérir les causes et déplorer les effets est un vice « libéral-conservateur » ; comme, à l’inverse, chérir les effets et déplorer les causes est un vice de la gauche bobo. Tant que ces « résistants » n’auront pas cessé, soit d’adorer le libéralisme (cause de ce qu’ils déplorent), soit d’adorer les effets sociétaux causés par le libéralisme qu’ils abhorrent, leur « résistance » sera du verbiage. Rien n’avancera tant qu’ils ne comprendront pas pourquoi la classe politique  – recomposée ou non –  a cessé d’être « politique », c’est-à-dire capable de débattre des fondements non-économiques de la société.

Les persévérants de la MPT devraient étudier la conférence d’ouverture du dernier colloque d’Ichtus (octobre 2016). Matthieu Detchessahar – professeur d’économie – y analyse le phénomène de « dissociété » qui corrode les fondamentaux de la condition humaine. Ce phénomène, souligne-t-il, est produit par « la société de marché, fausse conception récurrente depuis trois siècles et revenue au galop depuis une trentaine d’années ».  Le monde humain est dévoré par l’expansion illimitée du marché dans tous les domaines : d’où la destruction des liens et des biens sociaux. D’où aussi, dit par exemple Detchessahar, « la promotion de comportements jadis répréhensibles » : effet direct de la pression économiciste ! Cette pression « recompose en profondeur les clivages politiques », explique-t-il (sept mois avant le succès de l’OPA Macron) : « elle mélange droite et gauche, libéralisme philosophico-moral et libéralisme économique, en un seul modèle indissociablement » ; sa logique est de « fonder le lien social sur les seuls liens économiques, au détriment de la conscience collective de la société », ce qui amène à « croire résoudre les problèmes en les diluant dans l’économique ».

Rompre tendanciellement avec la société de marché est un préalable à toute action collective digne de ce nom. La droite catholique en est loin. Il ne suffit pas de dénoncer en théorie la « marchandisation » avec les dernières MPT : encore faut-il ne pas se ruer ensuite – de façon schizoïde – chez M. Fillon, dont le programme (« le meilleur », disait oncle Charles-Henry) impliquait, précisément, la marchandisation de choses aussi fragiles et précieuses que la couverture santé !  La semaine dernière sur Facebook, ces pieux messieurs avaient encore le réflexe d’invoquer Hayek ; savent-ils que pour Hayek la notion de « valeurs » était un frein nuisible aux « mécanismes d’ajustement spontanés du marché », et qu’il honorait – comme founding father – Mandeville avec son principe des « vices privés faisant le bien public » ? Ils ne veulent pas le savoir. La persévérance MPT aurait intérêt à rompre avec ces messieurs, si elle ne veut pas porter indéfiniment  le deuil bleu et rose d’une grande illusion.

Source : Patrice de Plunkett – Le Blog

 

2 commentaires sur “LMPT : la grande illusion”

  1. Patrice de Plunkett a bien raison. Les choses étant ce qu’elles sont, cette guerre ne peut être gagnée que si l’Eglise, qui reste la référence de tous, quoi qu’on en dise, se mobilise très franchement, de façon voyante, médiatique, pour dire non à la GPA, au tri sélectif des nouveaux humains, à la systématisation de l’avortement. Et l’Eglise doit entrer en dialogue avec les représentants des autres religions ainsi qu’avec la mouvance laÏque (brillamment représentée par Sykviane Agacinsky et José Bové, pour simplifier) opposée à la marchandisation générale, afin d’organiser des actions communes, où les évêques n’aient pas peur d’être en première ligne, visibles et charismatiques. Il y a un mépris de classe et de race dans les pratiques de la MPT, mais cela peut être surmonté, parce que c’est de l’atavisme bourgeois, à l’opposé de la dynamique vitale de l’Eglise. Ce sont les gens d’en bas qui sont véritablement indignés de l’abrogation de la maternité et de la paternité vers où nous mène le monothéisme du marché: le cardinal Sarah n’arrête pas de marteler que l’Afrique est le réservoir de spiritualité de l’humanité: il serait temps de donner de la voix aux Africains de toute couleur et de toute confession. Retrouver le nord, actuellement, c’est en général se tourner vers la sagesse du Sud, donner de la voix aux gens du sud, qui sont d’ailleurs, si souvent des orateurs et des prêcheurs infiniment inspirés, hommes (noirs) et femmes (arabes) d’une force de conviction inégalable. Farida Belghoul s’est distinguée dans ce domaine, combien d’autres attendent qu’on leur donne la parole, enfin? Les oeillères lmpt pour tous les franchouillardisants, c’est tout ce que demandent les révolutionnaires islamistes : que la France finisse de se suicider par bêtise et par lâcheté, ils viendront faire le ménage et balayer les cadavres le moment venu.

    1. Malheureusement Maria je crains que l’Eglise n’aille plus jamais dans la juste direction que tu indiques… Malheureusement.

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