Education Nationale : d'un ministre désastreux à l'autre

Par Maria Poumier

La Société des agrégés regroupe la moitié des enseignants de ce grade. Sa présidente Mme Lochmann a, dans une lettre ouverte, interpellé le futur locataire de la rue de Grenelle.

Pour elle, il existe deux types de ministres : le premier réforme pour réformer en se basant sur des préjugés idéologiques hors-sol, sans se préoccuper de son personnel, sans s’interroger sur l’efficacité de ce qu’il met en place ; il échoue alors totalement ; le second s’appuie sur les professeurs, sur leurs attentes, leurs savoirs et leurs expériences et améliore la situation.

Malheureusement, si on excepte M. Chevènement, la plupart des ministres ont été du premier type. Mme Belkacem était le prototype de ces ministres arrogants qui ont ignoré les réalités du terrain et qui ont essayé de caporaliser les enseignants. Après avoir détruit l’école maternelle, elle a imposé sa refonte du collège dont personne ne voulait. Au moment de partir, elle n’a qu’un regret : celui de ne pas s’être mieux expliquée. Car ces pseudo-réformateurs expliquent invariablement leur pitoyable échec par l’opposition des professeurs (et ils affirment systématiquement que ces derniers ont été mal informés).

Si un agent d’une puissance étrangère ennemie avait dirigé le ministère de l’Éducation afin de nuire gravement à notre pays, la politique suivie serait exactement la même ! Cette boutade (exagérée tout de même) a malheureusement un fond de vérité. Notre situation scolaire est catastrophique. Nous plongeons régulièrement dans les classements internationaux. Nous serons bientôt dépassés par le Zimbabwe (je plaisante ; quoique…).

Le nombre de fautes aux dictées explose. Et, pire, nous sommes classés 71 sur 72 pour l’indiscipline et le bavardage des élèves. Quand ce funeste résultat est sorti, M. Hollande aurait dû, par principe et pour le symbole, limoger Mme Belkacem, même si son gouvernement allait démissionner dans un mois. Cette place pitoyable explique le naufrage de notre Éducation.Au lieu de lancer une énième réforme qui ne servira strictement à rien, il faut, comme le dit Mme Lochmann, écouter les professeurs, qui crient au secours devant l’insolence de leurs ouailles, et rétablir l’ordre par tous les moyens. Le ministère cache soigneusement le nombre de démissionnaires de son personnel. On parle de 25 à 30 % par promotion. Ces chiffres sont sans doute sous-estimés. Je pense que 80 à 90 % des enseignants ont pensé un jour partir. Ce qui les retient, c’est la peur du chômage et le salaire qu’on leur verse. Mais beaucoup sautent le pas malgré l’incertitude financière qui les guette. Ceux qui restent sont souvent des âmes mortes à la Gogol ; ils en font le minimum. Si le calme revenait dans les classes, si les professeurs étaient reconnus, si leur ministre leur faisait confiance, si les inspecteurs les conseillaient sans les sanctionner, alors le niveau s’améliorerait en flèche sans même changer le contenu des programmes !

Christian de Moliner

Professeur agrégé et écrivain

Source : bvoltaire.fr

 

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