Déconstructeurs de l'humains

Par Lucas Deschamps

Vous pourrez lire ci-dessous  un extrait du Mani­feste des chim­pan­zés du futur contre le trans­hu­ma­nisme (Éditions Service compris), rédigé par le collectif Pièces et Main d’œuvre. Pour faire « face aux déconstructeurs de l’humain ».

La nature, voilà l’en­ne­mie

S’il restait des doutes quant à la conver­gence du trans­hu­ma­nisme avec le post­fé­mi­nisme, le posta­nar­chisme et les « luttes contre toutes les formes de domi­na­tion » enfan­tées par la décons­truc­tion, ils ont été dissi­pés par les débats sur la repro­duc­tion arti­fi­cielle de l’hu­main (procréa­tion médi­ca­le­ment assis­tée, gesta­tion pour autrui). On découvre à cette occa­sion que « la nature n’existe pas », qu’elle est « fasciste » (Clémen­tine Autain) et que la repro­duc­tion sexuée est un mode de domi­na­tion construit par les « hété­ro­nor­més ». Dans Libé­ra­tion, l’écri­vain Erik Rémès se féli­cite :

« La repro­duc­tion n’est plus le mono­pole des hété­ros. Et tant mieux. La raison d’être des hété­ros — assu­rer la survie de l’es­pèce — consti­tuait jusqu’ici leur atout biolo­gique. »

Dans le même jour­nal, où elle tient chro­nique, la philo­sophe post­mo­derne queer Beatriz/Paul Preciado nous instruit.

« En termes biolo­giques, affir­mer que l’agen­ce­ment sexuel d’un homme et d’une femme est néces­saire pour déclen­cher un proces­sus de repro­duc­tion sexuelle est aussi peu scien­ti­fique que l’ont été autre­fois les affir­ma­tions selon lesquelles la repro­duc­tion ne pouvait avoir lieu qu’entre deux sujets parta­geant la même reli­gion, la même couleur de peau ou le même statut social […]. Homo­sexuels, trans­sexuels, et corps consi­dé­rés comme « handi­ca­pés », nous avons été poli­tique­ment stéri­li­sés ou bien nous avons été forcés de nous repro­duire avec des tech­niques hété­ro­sexuelles. »

Voilà sans doute pourquoi Le Monde (29 juillet 2017] quali­fie Preciado de « Gali­lée de la sexua­lité ». À notre connais­sance, mais nous ne sommes pas Gali­lée, la seule façon pour des homo­sexuels de se libé­rer des « tech­niques hété­ro­sexuelles » de repro­duc­tion, c’est le clonage.

Soutien enthou­siaste des anthro­po­phobes. La néga­tion de la nais­sance réunit inhu­mains et post­mo­dernes. Le « progres­siste » améri­cain James Hughes :

« Les homo­sexuels, les lesbiennes et les bisexuels sont aussi des alliés natu­rels (sic) du trans­hu­ma­nisme démo­cra­tique […]. Alors que la fécon­da­tion in vitro permet aux lesbiennes d’avoir des enfants sans avoir de rapports sexuels avec un homme, le clonage leur permet­trait d’avoir un enfant appa­renté à seule­ment un parent [Le mili­tant des droits homo­sexuels Randy Wicker] a vu que le droit de cloner était une ques­tion fonda­men­tale […] parce que « le clonage rend le mono­pole histo­rique de l’hé­té­ro­sexua­lité sur la repro­duc­tion obso­lète ».

Notez l’épi­thète « histo­rique », typique de la décons­truc­tion.

Reste un ultime mono­pole à décons­truire, rappellent les fémi­nistes « mutantes » :

« Les femmes ne feront rien dans la vie tant qu’elles auront un utérus […]. La marche vers l’éga­li­sa­tion des sexes est un phéno­mène récent, ouvert par la dé-physi­ca­tion des modes de produc­tion rentables et effi­caces. Cepen­dant, tant que la femme conti­nuera à porter dans son corps la repro­duc­tion humaine, les termes seront en déca­lage. Les Mutantes entendent donc par la désu­té­ri­ni­sa­tion de la femme, rendre possible le rattra­page. »

Si vous croyez que ces discours se limitent au bocal des « mutants », détrom­pez-vous. La philo­sophe Peggy Sastre, coau­teur de cette diatribe, s’ex­prime aujourd’­hui sous son nom dans la presse maga­zine pour promou­voir l’ec­to­ge­nèse :

« Les femmes ne pour­ront pas connaître de véri­table auto­no­mie tant qu’elles n’au­ront pas la possi­bi­lité de s’en débar­ras­ser [NdA : « de la gros­sesse et de l’éle­vage des enfants »], »

dit-elle à Causeur, dans un dossier sur le trans­hu­ma­nisme. La même parti­cipe au site des scien­tistes de l’As­so­cia­tion française pour l’in­for­ma­tion scien­ti­fique (Afis), qui défend les inté­rêts de la techno-indus­trie.

Nous enten­dons cette même reven­di­ca­tion dans la bouche de « fémi­nistes » liber­taires ou assi­mi­lées, qui mangent bio et reven­diquent le droit d’avoir des enfants sans suppor­ter les contraintes de la gros­sesse. Elles rejoignent ainsi les inhu­mains dans leur rejet de l’uté­rus, cet « endroit obscur et dange­reux ». Mais pourquoi tiennent-elles tant à avoir des bébés de chair et d’os, alors qu’elles pour­raient comman­der un bébé-robot sur Amazon ? Est-ce plus authen­tique ? Plus chic ? Plus natu­rel ? Plus tradi­tion­nel ? Que feront-elles quand le bébé fera pipi, caca et vomira son petit pot ? Compa­tis­sons.

Contre ces phobiques du vivant sexué, nous soute­nons avec les huma­nistes du Femi­nist Inter­na­tio­nal Network of Resis­tance to Repro­duc­tive and Gene­tic Engi­nee­ring que

« le génie géné­tique et repro­duc­tif est le produit de déve­lop­pe­ments scien­ti­fiques qui consi­dèrent le monde comme une machine. De même qu’une machine peut être démon­tée en compo­sants, analy­sés et remon­tés, les êtres vivants sont consi­dé­rés comme faits de compo­sants qui peuvent être isolés. [.. .] Nous appe­lons les femmes et les hommes à s’unir contre les tech­no­lo­gies déshu­ma­ni­santes et nous expri­mons notre soli­da­rité avec tous ceux qui cherchent à préser­ver la diver­sité de la vie sur notre planète, l’in­té­grité et la dignité de toutes les femmes. »

Voilà des fémi­nistes consé­quentes dans leur lutte pour l’émanci­pa­tion.

1 commentaire sur “Déconstructeurs de l'humains”

  1. Bonjours,
    Critiquer les déconstructivistes de l’humain se trouve être un bon signe d’une nécessaire crise de conscience contemporaine en bio politique. Il se trouve être nécessaire de mieux entendre la bio éthique, le bio droit comme le bio pouvoir, qui ne sont que les trois matrices politiques de la bio politique, matrices où prennent forme, en parlement (y compris le C.E.S.E.), se qui doit être fait dans l’intérêt général pour l’humain.

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